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Last updateMar, 17 Oct 2017 10am

Vainqueur - Marie Zanarelli - Cust 2

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Vainqueur : Marie Zanarelli - Cust 2

 

Nos premiers 5 jours du Léman : une belle rencontre avec le lac

« Les 5 jours du Léman : la plus grande régate en eaux fermées en double, sans escale ni assistance ». En entendant cette phrase clé et caractéristique de la présentation des « 5 jours» le projet de les faire nous est venu comme une évidence. Dans ces quelques lignes qui nous sont réservées, je vais vous faire part de nos différentes expériences vécues à travers ce projet. Pour cela, je vais vous les raconter dans un ordre chronologique, soit l’avant, le pendant et l’après « 5 jours ». 

Avant toute chose il est important de trouver le partenaire idéal. En effet, passer 5 jours sur un voilier de 7.65m avec la pression de la compétition, nécessite une complicité sans faille. Le choix pour notre part s’est avéré évident, nous souhaitions partager cette aventure en couple. Après cela, les « 5 jours » ont débuté par une recherche de sponsor. C’est un exercice complexe car la plupart des entreprises contactées sponsorisent des sports tels que le ski ou le foot. Une célèbre marque de chocolat nous a même répondu qu’elle n’était pas intéressée car les gens ne mangent pas de chocolat l’été ! Nos recherches nous ont tout de même permis de trouver trois sponsors et plusieurs personnes de notre entourage nous ont soutenus. 

Le budget étant bouclé, nous avons pu nous attaquer à la préparation du bateau. Novices dans le domaine, nous avons été bien entourés. Les échos qui revenaient les plus étaient de trouver des solutions tant confortables que légères, le poids étant primordial lors d’une régate. Quelques jours avant la course, un contrôle du bateau est effectué par l’organisation, la conformité du bateau, les voiles, le matériel de sécurité, tout y passe. Nous attendions ce moment avec beaucoup d’impatience, car il nous donne le feu vert pour participer à la course. Le dernier sujet sur lequel les avis étaient les plus contradictoires était la nourriture. Certains navigateurs nous conseillaient de manger chaud, d’autres froid, et certains de la nourriture lyophilisée. Nous avons opté pour un entre-deux avec un réchaud à gaz et des plats froids. Nous avons été très étonnés par l’investissement que demande la constitution d’un ravitaillement. Nos inquiétudes étaient de manquer de quelque chose (ce qui s’est avéré tout le contraire à la fin). Une fois cette dernière besogne accomplie nous étions prêts à prendre le départ. 

Durant ce jour tant attendu, nous étions remplis d’appréhension, d’excitation et d’envie de partir. Malgré le fait d’être partis sans objectif de classement, l’esprit de compétition s’est réveillé dès le coup de canon du départ. Ce moment a été une vraie délivrance car cela sonnait le début de ce que nous préparions depuis six mois. 

Nous avions gardé en tête les deux choses les plus importantes, confiées par toutes les personnes ayant déjà participé à cette courses : faire marcher le bateau au maximum de ses performances tout en se reposant le plus souvent possible. Nous avons suivi ces précieux conseils durant les trois premiers jours. Nous dormions environ cinq à six heures par 24h et prenions les repas ensemble, c’est un moment où nous faisons autre chose que de penser à la voile et où nous prenions soin de nous. Dormir a été plus difficile pour l’un d’entre nous, car il est nécessaire de faire confiance à son équipier. Ce qui n’est pas chose facile dans ce type d’aventure. 

Ayant déjà l’habitude des longues croisières en mer, le lac peut fortement y ressembler. Je me rappelle un soir où nous remontions au prés sur Vidy, il y avait quinze nœuds et un magnifique coucher du soleil. Le lac avait pris une allure de mer. 

La particularité du lac Léman est son côté imprévisible. Nous avons pu vivre ses caprices où le bateau concurrent à cinquante mètres se détache car il touche une risée et nous laisse sur place. La gestion des nerfs par petit temps est une chose terriblement difficile, faisant des choix tactiques qui ne se sont pas avérés payants nous a fatigué pour rien. Les derniers jours ont été plus difficiles, car le stress du résultat se faisait sentir. Nous dormions très peu et ressentions la fatigue accumulée par ces nuits courtes. Je me rappelle m’être endormie entre le chemin du cockpit et la couchette à l’avant du bateau, pourtant il n’y a peut-être que quatre mètres. Nous avons eu de la peine à profiter de ce qu’offre la nuit. Son calme, sa fraicheur et la lune qui éclairent la moindre risée, c’est un moment opportun pour tenter des coups tactiques. D’autant plus cette année où les balises étaient éteintes durant quelques heures chaque nuit. Malgré cela, nous nous accrochions toujours au groupe de tête. Malheureusement après une très belle descente sous spi la dernière nuit, nous sommes restés arrêté à proximité de la bouée au Bouveret et avons perdu le contact avec le groupe de tête. Ce moment a été très difficile moralement. Le soutien des personnes à terre nous était alors très précieux. 

Le dernier jour de course s’est déroulé avec tension, nous étions très frustrés par notre classement et avons fait des choix qui n’ont pas été satisfaisants. Malgré le coup klaxon qui annonçait la fin de régate, notre esprit était ailleurs et notre moral au plus bas. En effet, pendant quasiment l’entier de la régate, nous étions mieux placés qu’au classement final. Mais nous avons appris qu’aux « 5 jours », rien n’est jamais joué avant le passage de la ligne d’arrivée. Grâce au soutien des personnes venues nous accueillir, nous avons pris du recul et étions finalement contents de notre 17ème place. 

Même après la régate, nous revivions cette aventure les nuits avec le même rêve identique où nous étions sous spi et nous voyions les autres concurrents nous dépasser. Ces rêves m’ont fait dormir à quelques reprises par terre en croyant que j’étais à la barre ! Nous avons poussé notre corps un peu jusqu’à ses limites lors de cette régate, mais dès nos premiers pas à terre, nous nous sommes dit : « la prochaine fois, nous ferons mieux ».

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Pierre Varin - Boomerang

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Pierre Varin - Boomerang :

Les 5 jours vus par les Bizuts Méditerranéens

J’ai les yeux qui piquent dans cette nuit de convoyage. Déjà 350 Km avec Boomerang à la traine, il en reste autant. Demain j’arriverai à Vidy. Je suis chaleureusement accueilli par l’homme à la trottinette. J’apprendrai par la suite qu’il s’appelle Hubert et qu’il sera généreux en aide et conseils. En attendant mon coéquipier Pierre, il me donnera le précieux conseil de privilégier la côte suisse du Lac. Pierre est arrivé. Le bateau est à l’eau, le mât réglé pour la pétole. Briefing météo, nous sommes largués, « Morget, Vauderon, Sechard, Radar… » nous ne maitrisons pas la météo locale malgré notre travail de préparation. L’aventure commence… Il n’y a ni famille ni d’amis sur le ponton. Tant mieux, on pourra rater notre départ sans honte. Finalement ce n’est pas le cas. Départ viseur comme on le voulait et on se permet même un tribord contre le bateau au spi rose. On est dans la course, dans les premiers à la bouée de dégagement puis neuvièmes à Vidy. C’est bien et pas bien, on est devant et on doit choisir où aller. On n’hésite pas, car l’homme à la trottinette a dit de rester en Suisse. Trop tard, on s’aperçoit que tous les poursuivants partent au milieu du Lac et évitent notre première molle à la sortie de la baie de Morges. On devra tricoter toute la nuit dans les risées pour se trouver 17ème à Genève. Toujours pas d’hésitation, on ira au Bouveret en longeant la Suisse, comme tout le monde. Trottinetteman nous l’a dit.

Surprise : SMS de nos femmes qui nous disent qu’on fait la course tous seuls, mais que ça ne va pas si mal. Ce sera notre moment de gloire. Tout le monde est passé côté France, sauf nous. On arrive même à intéresser la charmante fille de la presse avec notre tactique de méditerranéen. Elle nous appelle au téléphone et on répond comme des footballeurs : bah, oui, on nous a conseillé la Suisse… de toute manière on n’était pas venus jusqu’ici pour naviguer en France, non ?! L’important c’est de marquer des buts, on verra à la bouée…

A la bouée les adversaires nous charrient également pour notre détour : « il est grand notre lac, hein … ? ». Mais nous avons récupéré plusieurs places, on est à nouveau devant le spinnaker rose. La nuit suivante est généreuse en sensations, car la brise de terre est chargée des odeurs de champignons, d’herbe, des vaches, d’ordures et de croissants encore chauds. Elle nous apporte aussi le bruit des trains et d’un téléphone qui sonne à l’aube. Mais frôler la côte ne paie pas, maintenant c’est clair. A Genève on est à nouveau dans les derniers.

Plus on déprime, plus la course s’ouvre. Le vent arrive en fin de matinée. Sur facebook on découvre qu’on appelle ça de la Bise. Ça vient par claque, ça ressemble à un Mistral d’eau douce. Ça fait même de la vague. Temps idéal pour Boomerang qui est né à Toulon, il creuse ses voiles avec plaisir pour passer le clapot. On ne dort pas, et on ne sent pas la fatigue, car c’est maintenant ou jamais. Les écoutes dans la main, on gratte position sur position dans la nuit ventée. Onze, on dirait ! Et cela ne va pas durer, car encore une fois la molle lémanique nous hante. A la sortie du petit lac notre incompétence dans les petits airs atteint son sommet. Tout le monde nous passe à droite et à gauche et en quelques heures il n’y a qu’un bateau qui nous sauve de la dernière place. 12 heures de déprime. « On ne viendra plus jamais dans ce coin où la régate ressemble au jeu de l’oie ». On ne peut pas supporter encore 36 heures pareilles. Non, demain on va inventer quelques choses, une tactique kamikaze pour revenir dans la course. Notre balise est en panne, il nous est encore plus facile de passer inaperçu. Seule cette idée nous fait tenir bon.

Ce sera le cas. Nos supporters à la maison – et il y en a de plus en plus – nous disent où se situe toute la flotte. On fait différemment : dans un vent forcissant on va épouser la côte française, jamais naviguée jusqu’à présent. Le vent tombe des falaises et nous pousse à +de 10 noeuds sur les surfs. Ça empanne et ça empanne encore dans la nuit. Sous les nuages d’orage et les falaises le vent tourne et forcit. Reflexe méditerranéen : on met le solent, car à la fin de cette course de portant, il faudra bien lofer. Inutile. A la fin du lac on cogne contre l’orage et la molle qui s’en suit. Mais on est revenu au score, la vague sous la montagne nous a fait récupérer plus de trois heures et nous sommes à nouveau à la quatorzième place.

Notre plan a fonctionné, notre habitude de la brise a payé. Avec notre balise en panne et mon accent italien, nous avons peur d’être soupçonné de triche. Nous secouons notre boite jaune et miracle, un bip ! Record de vitesse, 815.07 noeuds et une traversée des montagnes françaises… Il ne reste plus que douze heures à tenir. Nous contenons nos envies d’échappées et choisissons de suivre les filles au spi rose pour éviter la molle avant l’arrivée. Remarquable, tel des guides touristiques, elles nous font découvrir leur beau lac. Elles nous dévoilent leurs cachettes, remplies d’adonnantes et de risées, magiques… La folle course sous l’orage nous a comblés. On a rempli le contrat : s’amuser tous les jours et rester dans la course.

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Patrick Quennoz - Fou du Vent Brachard

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Patrick Quennoz - Fou du Vent - Brachard :

Une victoire qui se savoure

Pour certains, c'est une course incompréhensible : il faut tourner entre le Bouveret et Genève avec un passage à Vidy,  soit couvrir environ la distance de 5 Bol d'Or ! L'avantage de cette course vélique, c'est que l'on sait tous quant elle se termine. Pour d'autres, c'est une course mythique.

Loris et moi, cela fait 7 ans que nous tentons de remporter ce trophée. Souvent favoris, parfois tout proches du but, nous sommes passés par tous les états d'âmes. En colère contre Eole, contre nous, contre les autres, heureux de revenir du fond du classement ou frustrés de voir passer les concurrents devant nous, arrêtés à 100m de la ligne comme si nous avions jeté l'ancre. Les 5 jours du Léman, c'est une course pendant laquelle il faut être prêt à aller puiser au fond de soi. 

On doit pouvoir peut envisager de ne dormir que 2 heures par jour, mais il est primordial de rester attentif, donc éveillé presque tout le temps.  En retour, vous en avez plein les yeux : on voit des lumières jamais imaginées, des nuits sombres avec des bateaux fantômes ou éclairées par une superbe lune dont les reflets sur l'eau augmentent la sensation de vitesse.

Le sommeil, quand il s'empare de vous, est profond et lourd.  Votre équipier se demande alors comment il va réussir à vous réveiller. Et pendant tout ce temps, il ne faut pas oublier de s'alimenter de s'hydrater pour rester en forme. Chacun sa recette à ce niveau. Cette course ne se gagne que si l'on est bien avec soi-même. Ce qui n’était pas vraiment mon cas au début de l'année 2014 : "Fou du Vent – Brachard" était à vendre.  Et tout le monde me disait: « noooon, tu ne peux pas faire cela !».  Finalement,  mon coéquipier a mis la main à la poche et notre sponsor nous renouvelait sa confiance.

Alors :"On s'inscrit au 5 jours?" Hésitation, mais les temps sont de plus en plus cléments. J'aperçois la fin du tunnel et je revois une lumière qui  est magique. "OK, on y va"

Quelques petites bricoles à réparer, deux ou trois réglages à opérer et le bateau est bientôt prêt.  Europ'sails nous fournit un nouveau foc à des conditions particulières, au cas ou il y aurait de forts coups de vent comme cela nous est déjà arrivé par le passé. Le reste des voiles est au top. La course commence et son déroulement est contraire à nos plans.  Ils consistaient à ne pas perdre de vue la tête de course et à se battre le dernier jour à couteaux tirés.  Mais les vents en décident autrement. Une risée nous permet de dépasser le premier concurrent, alors que nous sommes à un mètre de lui. Un empannage, puis un deuxième, personne ne nous suit et on s'envole.  Lorsque je me réveille, Loris a emmené notre Brachard loin devant. Et nous ne cessons d'accroître notre avance. Mais nous savons que jamais rien n'est gagné dans cette course. Tout peut se passer dans le dernier jour, voire dans la dernière heure ou les dernières minutes.

Alors, nous gérons au mieux. De toutes façons, le reste de la flotte navigue dans un autre système de vents que le nôtre. Navigation conservative et repos sont au programme afin d’être prêts à en découdre, on ne sait jamais. Par chance, nous échappons à ce dernier épisode. 

La victoire est belle, belle …

Merci tout particulièrement à mon équipier Loris, à notre sponsor Brachard, à notre fournisseur de voile Europ'sails, à Martine, à ma famille et à tous les amis qui nous ont soutenus. Et une pensée toute particulière pour Maxime et Nina, mes enfants.

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Jean Baptiste Zerlauth - Escape

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Jean Baptiste Zerlauth - Escape :

5 jours 5 nuits 5 sens…

Quelle motivation parvient à inciter chaque année une soixantaine de régatiers à affronter les perversités et la magnificence du Léman ? La passion ? L’insouciance ? La compétitivité ? Le besoin de s’évader ? 

Même après 120 heures écoulées au gré des vents et courants des 580km2 de ce fantastique terrain de jeu, suivies de 28 heures de sommeil réparateur… il paraît très délicat de déterminer avec précision la multitude de sentiments et sensations procurées par cette fabuleuse escapade. Une certitude : cette expérience distillera à jamais en nous les fruits de l’exaltation de nos sens décuplés ces cinq jours et cinq nuits.

Le sens tactile : Le Surprise se prête tout particulièrement à ce jeu précis d’adresse et de haute technicité. Réactif à souhait par petits temps, robuste et solide en conditions musclées, il apparaît comme le support idéal pour satisfaire notre envie de parcourir un maximum de kilomètres en toute sécurité. L’équipage fait corps avec son embarcation, un véritable tact digne d’un exercice de broderie. Tel le pianiste sur son clavier, chacun se soucie d’accorder son instrument pour le faire résonner en harmonie suivant les gammes imposées par Dame Nature. 

La sensation tactile est apaisante, comme celle d’humidifier nos conjonctives endolories par un manque manifeste de sommeil, par la brume du petit matin; ou encore jouir de la fraîcheur de l’eau du lac empreintée lors d’une baignade salvatrice.

La vue : Le navigateur du Léman a le privilège de percevoir le caractère immaculé d’un lever de soleil, la pureté d’un coucher de lune parsemé d’innombrables constellations d’étoiles toutes plus belles les unes que les autres. Admirer une flotte embrasée des lueurs des éclairs, scruter l’engouement d’un équipage voisin en pleine effervescence, presque communiquer avec un vol de colverts endiablés, sont autant de réjouissances pour nos yeux, qui défilent sans cesse, à l’instar de photographies gravées à jamais dans nos mémoires. Côte suisse, côte française, à babord, à tribord, le défilé des merveilles inscrites au patrimoine du Léman ne cesse de satisfaire notre soif de découverte.

L’ouïe : La nuit décuple la perception de l’environnement sonore : le cliquetis de l’eau sur la coque du bateau, le sifflement des risées affleurant le pavillon de l’oreille, le grondement des cordages et le hurlement des winchs et des poulies lorsque l’on se blottit contre la coque du bateau, l’explosion inattendue du tonnerre rugissant des quatre coins du compas.

Que faire lorsque le murmure du soupir de mon co-équiper désigne un instant de résignation ? Un instant plus tard, quelle satisfaction de partager ses éclats de rire, une fois enivrés par les endorphines et l’excitation du moment ?

En journée l’atmosphère sonore ne manque pas de tenir en éveil chacun de nous : il se peut qu’un requiem de Mozart rende mythique une descente sous spi, voire que les couleurs turquoises des côtes sablonneuses nous fassent chantonner Les Marquises de Jacques Brel.  Sans oublier le coup de feu final : le drapeau de l’arrivée aussi haut en couleur que le sourire des heureux finishers.

L’odorat et le goût : La sensation odorante précède la venue de la récompense de l’effort ; elle annonce ce petit plat mijoté tant attendu, préparé aux détours d’une journée de labeur. Chaque aliment détonne avec sa fraîcheur et révèle des saveurs jusqu’alors insoupçonnées, lorsqu’elles prennent le goût de la récompense. La digestion prend effet immédiat sur le mental et sur la vitesse !! comme si elle démultipliait le couple des voilures du Surprise. 

Tous ces sens exaltés alimentent une extrême complicité entre co-équipiers. Les échanges sont permanents au profit d’une concentration la plus totale, dans le but de décupler les capacités de notre embarcation. Un regard, un geste, un soupir, une exclamation, une attitude sont autant d’indices à décrypter, à convertir au plus vite en énergie positive, afin d’anticiper les volontés de chacun et mouvoir notre bateau. L’entraide est continue : aucune place à la discorde ni à la dispute, notre seul objectif est de conjuguer nos efforts face à la difficulté permanente de l’épreuve. 

Car le Léman n’autorise aucunement le caractère aléatoire ou désorganisé d’un équipage. La précision se doit d’être de rigueur chaque instant du nycthémère. La diversité des conditions météorologiques rencontrées sur ce court laps de temps paraît démesurée. La complexité des reliefs avoisinants est telle que la prévision des vents thermiques ou dominants s’avère très aléatoire. Seule une lecture continue du plan d’eau alliée à un intérêt approfondi envers les amers terrestres sont susceptibles d’indiquer la marche à suivre. 

Départ Dimanche 14h.. Arrivée Vendredi 14h.. Le classement final reste imprévisible jusqu’au dernier bord, le suspens et la tension sont à leur comble.. tel qu’en témoigne l’engouement incessant des supporters restés à terre.

La magie d’une recette réside dans le bon mélange de ses ingrédients. Y ajouter une note de complicité, un zeste de technicité, brasser le tout dans un récipient de 580km2, et sublimez l’exaltation de vos 5 sens sur les 5 jours du Léman !

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Georges Muller - Signaterre

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Georges Muller - Signaterre :

Quatre petits tours et puis s'en vont... Ainsi font les marins des 5 Jours du Léman. C'est en néophyte que notre équipage a participé à la plus longue régate en eaux fermées. Globalement, le Léman est un plan d'eau confortable pour ce genre d'épreuve. Il est rempli d'eau douce d'Evian et il n'y a pas à se soucier des marées et des courants, exception faite du cauchemardesque Bouveret qui hante encore mes nuits. La particularité du Léman tient dans ses vents qui nous paraissent toujours indomptables. On a forcément repéré quelques astuces après cinq jours mais il reste encore de nombreux mystères. Il n'est pas rare d'observer des inversions de vents sur quelques dizaines de mètres. Je garde en tête la vision du voilier qui nous croise en sens inverse, également au près! Magique, non? Les messages quotidiens envoyés par M. Météo illustrent bien la situation: « aujourd'hui, vents de directions et forces variables ». Autant écrire: « bonne chance les gars! »

Les 5 Nuits du Léman, c'est ainsi que je rebaptiserais la course. Il faut dire que les nuits sur le lac sont longues. Il fait froid et on perd tous ses repères visuels. La pollution lumineuse sur la côte rend la recherche des bouées et des concurrents difficile. Il m' a fallu du temps pour m'y habituer. Sur la question des quarts, mon équipier et moi étions complémentaires. Ire étant très performant en milieu de nuit, je reprenais la barre dès 4h pour profiter des spectacles magnifiques aux premières lueurs du matin. Dans ces moments, je bloquais la barre avec notre dispositif ingénieux pour me concentrer sur les réglages de voiles pour faire filer le bateau au plus vite vers la prochaine bouée. Il était ensuite possible de profiter d'un bon petit déj' accompagné du chant des oiseaux sur la côte et du léger clapot de l'eau sur la coque.

Comment expliquer la voile? Cela revient à gérer les merdes qui tombent sans prévenir. Celui qui gagne est celui qui les résout au plus vite. En ce qui nous concerne, nous en a eu quelques unes qui nous ont faits transpirer. Même si dans le fond c'est ce que l'on recherche, probablement pour la dose d'adrénaline que cela procure, on ne retient au bout du compte que les bons moments!

Parmi les anecdotes, je me souviens de cette nuit passée sous une bonne bise lorsque nous descendions vers le Petit Lac. Je sors la tête du sac de couchage et j'aperçois mon équipier avec la barre entre les jambes, une écoute de spi dans chaque main, la musique dans les oreilles et une bonne tête de vainqueur. Le mec s’extasiait après avoir rattrapé trois concurrents. Bien joué l'artiste!

Les 5 Nuits du Léman, les referais-je? Sans hésiter! Le prix de ce concours servira d'ailleurs à financer l'inscription!

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